22 Avril 2011

Le Parlement Européen est un des lieux de décision les plus importants de la planète (comme le Sénat US) et pourtant il est peu visité par les pays du golfe.
En termes de pouvoir, cette institution des 27 a un pouvoir législatif et donc fixe les guide lines de la commission. Il a un pouvoir budgétaire et tient donc ainsi les cordons de la bourse et, indirectement, la direction des opérations stratégiques pour l'Europe. Il a aussi le pouvoir de contrôle (des budgets de la commission...). Il donne les impulsions nécessaires au développement de l’Union européenne en définissant les orientations et les priorités politiques générales.
Lors de chaque sommet, une déclaration du Président du Parlement européen expose les positions essentielles de son institution sur les différents sujets qui seront abordés par les chefs d'état ou de gouvernement. Et après chaque sommet, le Président du Conseil européen présente un rapport au Parlement sur les résultats et instaure un débat avec les députés européens.
Dans ce contexte, les pays du golfe auraient tout intérêt à augmenter leur relation avec les Parlement européen : organiser plus de visites officielles à Bruxelles et Strasbourg, multiplier les invitations auprès des députés européens pour qu'ils viennent sur place sont autant d’initiatives importantes à mettre en place.
Ainsi, la politique concernant les stratégies gazières (domaine qui intéresse hautement les Emirats) se décide dans les commissions énergies situées dans les entrailles de cette grande institution. Certains pays ont bien reçu le message et rencontrent régulièrement les eurodéputés.
Les activités de lobbys ne sont pas non plus assez relayées dans les coulisses et laisse ainsi à d'autres le moyen de placer leurs pions, donnant une image assez tronquée de la réalité des Émirats. Force est de constater que les députés européens ont peu de temps pour s’impliquer dans les relations internationales. La compréhension du fonctionnement de l’Europe, la gestion des différences entre les divers pays, l’intégration des spécificités culturelles des 27 pays membres représentent autant de défis à relever. De fait, les changements majeurs des "petits pays" ne sont pas pour eux des priorités, ce qui est une erreur colossale.
La présence des avions de chasse du Qatar lors des événements en Libye a montré l'importance de petits pays avec une technologie et une logistique moderne pouvant compter. Autre exemple : l’intervention de Dubai Port World en Afrique du nord, stoppant ainsi les projets portuaires européens, le tout sur fond de technologie, investissements et de savoir-faire. Une véritable leçon dont certains opérateurs n'en sont pas encore revenus et qui donne le ton pour le futur.
Avec les rapides changements qui ont eu lieu dans le monde, le Parlement Européen doit être une priorité dans les deux années à venir pour aider la région à prendre la place qui lui revient de droit.
Bruno Bernard



